PRÉSENTATION

Première de couverture

Quatrième de couverture

Avant propos

Après dix années passées à enseigner les mathématiques, j'éprouvai une lassitude poindre, non pas vis à vis de la discipline en elle-même, captivante, ni même vis à vis des élèves; attentifs, mais envers la répétition jour après jour, mois après mois, année après année, des mêmes gestes, des mêmes tâches. Je ressentis dès lors la nécessité d'orienter autrement mon existence.

 

Toute passion menée à tambour battant s'étiole. Il n'est pas dans la nature humaine de s’épuiser sur un plaisir. Inévitablement un jour vient où il se fait temps de tourner la page, avant de s'embourber dans une routine dévastatrice.

 

Mais que faire d'autre quand tout ce que vous proposent les institutions bien pensantes de notre société ne suscitent en vous aucun enthousiasme?

 

Vous vous abstrayez alors des aléas de la vie en partant vous réfugier dans des rêves éveillés où les utopies de l'enfance et de l'adolescence refont surface.

 

Une pensée vous taraude : « Pourquoi ne pas concrétiser l'un de ces fantasmes avant qu'il ne soit trop tard, l'existence étant si courte ? »

 

Je suis issu d'un milieu où l'objectif parental se résumait à la seule réussite scolaire de leurs enfants, dans le but de les voir à l'âge adulte nantis d'une situation les laissant à l'abri du besoin, fonctionnaire si possible. En dehors de ce dessein, l'horizon ne laissait poindre qu'un désert culturel. En ce qui me concerne, seule une gloutonnerie de lecture le compensa. Dans ce contexte, je ne fus initié à aucune des disciplines tenues pour accessoires, celles artistiques.

 

Pourtant, dès mon plus âge, le chant me fascinait. Les mélodies entraient en moi pour ne plus en sortir. A toute occasion, je chantais. Entré dans l'âge adulte, cela ne me quitta pas. Je continuai à exprimer mon allégresse ou à détourner mes mal-être occasionnels en fredonnant ou en chantant à tue tête quand personne ne pouvait m'entendre.

 

Quand enfant tu n'as pas reçu de culture musicale, à trente ans passés, il est déjà bien tard pour développer une oreille harmonique, les doigts sont bien raides sur le manche de la guitare et sur le clavier du piano. Mais il n'est jamais trop tard pour concrétiser un rêve.

 

Nous ne sommes pas voués à la perfection. L'essentiel étant, si l'on ne peut réaliser plus, d'aller au plus simple pourvu que cela soit bien fait, que le fruit mûri soit plaisant à l'ouïe. Dans cette optique, je me mis à édulcorer les partitions de Brassens, de Brel et autres artistes, pour les accorder à mes doigts. Il en résulta des accompagnements certes minimalistes mais qui me laissaient l'espace de m'épanouir à la voix. Je finis ainsi par me monter, après deux ou trois ans, un répertoire d'une soixantaine de chansons.

 

Mais qu'en faire ? Postuler à l'Olympia ?

 

Certes non !!!

 

Il était illusoire de tourner mon regard vers des sommets perdus dans la brume. A viser trop haut, on dévisse puis on choit. Aussi autant garder les pieds sur terre et rester réaliste, le but à gravir n'étant ni la notoriété, ni la fortune mais l'épanouissement.

 

Je ne voulais surtout pas de prise de tête. Je tenais à rester libre de mes actes et de mes choix, à allier l'utile à l'agréable, la musique et le voyage. Un idéal qui trouva sa clé dans les marchés, non point financiers mais de plein vent, présents dans toutes les villes de France, jusque dans les villages.

 

Animateur de rue, mancheux, mendiant pour les médisants. Depuis bientôt trente ans, j'anime ainsi la vie citadine. J'ai visité en France, du nord au sud, d'est en ouest, plus de six cents villes, et effectué quelques incursions en Allemagne, Belgique et Espagne. Cela en toutes saisons, parfois transi, parfois suant.

 

Depuis une dizaine d'années, l'âge prenant le pas, je me restreins aux trois mois d'été mais avec le plaisir de donner à entendre des chansons de mon cru, une trentaine. L'aubaine d'exprimer mes pensées, d'envoyer une bouteille à la mer.

 

Lors de mes retours, je me retrouvais en famille. Quand des amis nous rendaient visite, certains étaient curieux du « Comment ça c'est passé ? » et surtout friands d'anecdotes. Et au final revenait toujours la litanie suivante : « Pourquoi n'écris-tu pas tout ça ? ».

 

Mais pourquoi faire ?

 

Qui s’intéresserait à cette vie de musicien nomade que beaucoup de personnes percluses de préjugés jugent « miséreuse » ?

 

En tournée, dans le feu de l'action, je me trouvais plus enclin aux heures creuses à me détendre et visiter qu'à prendre la plume. De retour, pris par d'autres activités, il en allait de même.

 

Jusqu'au jour, tout du moins en l'année deux mille neuf, où une opportunité se présenta.

 

Je la saisis et me lançai.

 

Il en résulta:                " Un été avec toi "